Smart Monkey

15/03/2012 Aucun commentaire

L’histoire de la BD

Ne pouvant compter sur sa force physique, le jeune singe Smart Monkey doit employer mille astuces pour trouver sa nourriture dans la forêt africaine, échapper à son ennemi le tigre à dents de sabre et parvenir à se reproduire avec les femelles de son groupe. Cette BD en noir et blanc et sans texte, remarquable par sa mise en scène dynamique, se clôt par un épilogue savoureux montrant que le scientifique naturaliste, fort de son intelligence, reste peu de chose face aux dangers de la « Nature ».

Couverture

Le Vrai du Faux

Les aventures du jeune primate intelligent sont l’occasion de retrouver les principes de la théorie de l’évolution élaborée par Darwin et Wallace : sélection naturelle, sélection sexuelle, pression sélective de l’environnement, adaptation, coévolution, mimétisme. On s’amuse ainsi au fil des cases et des pages à essayer de deviner comment Smart Monkey va réussir à survivre et à réussir enfin à se taper séduire la femelle de ses rêves. Mais, à vouloir se montrer trop malin, le petit singe finira par trop pousser sa chance, en comprenant que face à un gros costaud bien déterminé, ce n’est pas forcément la taille du cerveau qui compte.

Un extrait

Bien que contenant quelques anachronismes et incohérences que le lecteur averti s’amusera à débusquer, la BD montre la capacité d’auto-adaptation de l’Homme primitif, face à un environnement hostile, grâce à son intelligence naissante. La toute dernière page montre bien la clé de la perpétuation et de l’évolution des espèces vivantes : le succès reproducteur! N’auront de descendance que celles et ceux qui arriveront à survivre et être au bon moment, au bon endroit. Et pour cela, dans la « Nature » amorale, tous les moyens sont bons !

 

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Alien : biologie d’un parfait organisme (1/3)

29/01/2012 2 commentaires

Le cinéma a été à l’origine de la création de diverses créatures étranges, extraterrestres ou fantastiques. Mais, l’Alien est certainement la créature la plus fascinante de l’histoire du cinéma. Devenu un véritable mythe contemporain, le « Xénomorphe » le doit à une esthétique inédite et inégalée, et une biologie très détaillée.

Alien, aux origines

Le design de la créature est en grande part le résultat du travail de l’artiste suisse HR Giger, pionnier de l’art biomécanique (mélange du vivant et de la machine), à la demande de Ridley Scott pour le film « Alien : le 8ème passager » en 1979. Giger a, en outre, participé au pré-projet du film abandonné « Dune » par Jodorowski et  créé notamment le célèbre trône Harkonnen, visible au musée Giger en Suisse. Pour Alien, Giger a reçu un Oscar en 1980.

Alien, le huitième passager du septième Art

Le premier film, réalisé en 1979 est devenu un grand classique, de nombreuses fois récompensé. Une équipe d’astronautes revenant vers la Terre à bord du Nostromo reçoit un message qui s’avèrera être un avertissement. Ils découvrent un vaisseau spatial d’origine non humaine qui vraisemblablement s’est écrasé. A bord, des milliers d’oeufs sont stockés et un des membres de l’équipage se retrouve avec une créature collée au visage. De retour sur le vaisseau, l’équipage va se faire décimer par une créature mystérieuse : le fameux 8ème passager.

Le script est donc des plus simples, ce film aurait pu passer inaperçu mais les particularités du monstre vont en faire une référence et le premier film d’une tétralogie et de deux cross-overs. Le personnage principal féminin, une rareté à l’époque, incarné par Sigourney Weaver restera un personnage emblématique qui tissera des liens particuliers avec sa némésis, au cours des 4 films. N’oublions pas aussi le personnage du chat le plus agaçant du cinéma : toujours là pour faire des fausses frayeurs, se pavaner en crânant dans toutes les soutes du vaisseau et mettant en péril les passagers du Nostromo (Brett qui décide d’aller le chercher tout seul, ce foutu chat, avant de se faire trouer le crâne par l’alien nouveau-né, par exemple…  rassurez-vous, le chat n’a bien sûr même pas une griffe cassée).

Un petit extrait. Pas la peine de crier, personne ne vous entendra :

Alien, le huitième passager – Bande-annonce par homhom

 Biologie générale de l’Alien

Laissons nous aller à un peu de science fictive et considérons la créature comme réelle. Quelles sont ses caractéristiques biologiques qui en font « une créature parfaite »? On aborde dans cette première partie, uniquement le cas du « guerrier ».

Plan d’organisation

La créature a une apparence vaguement humanoïde, avec un plan de symétrie bilatérale et 4 membres. Elle possède un appendice caudal très long et vraisemblablement très résistant et acéré, pouvant servir à transpercer des proies. Sa tête de forme phallique a une structure complexe, avec une double mâchoire.

Squelette interne ou externe ?

L’allure insectoïde de l’Alien pourrait faire penser à un exosquelette, une espèce de carapace chitineuse. On apprend en fait dans le premier film que « les couches externes sont constituées de protéines polysaccharides » : la chitine est un sucre aminé polysaccharide, cela semble donc assez proche. La chitine a un rôle protecteur et est assez résistante : cela justifie le fait que la croissance chez l’alien se fait par mues (Alien 1 et 3 : on y voit des exuvies, c’est-àdire, « l’ancienne peau »). La chitine est très répandue chez tous les animaux ayant un exosquelette tels que les insectes. Si la chitine contient du carbonate de calcium, on parle alors de carapace, chez les Crustacés.

D’autre part,  Les tissus sont à base de cellules qui, lorsqu’elles meurent, laissent place à un « silicone polarisé », ce qui permet semble-t-il,  une protection contre l’environnement plus importante. Dans les crossovers Alien-Predator, on peut y voir des crânes d’Alien qui servent de bouclier et des extrémités de queue qui servent de lance. L’Alien possède donc un squelette interne, il est recouvert d’un revêtement ayant une composition voisine de celle des insectes, assez résistant mais qui peut être transpercé par des armes blanches ou même par la queue d’autres aliens (Alien 4). Il semblerait que l’Alien ait un squelette interne principalement. Son revêtement extérieur même s’il est de même composition que les organismes possédant un squelette externe, semble en fait être une adaptation défensive.

Echanges gazeux

Dans Alien 1 et 4, le guerrier présente des tubes dorsaux dont la fonction n’est pas très bien connue. On peut supposer un rôle dans les échanges gazeux. Dans Alien 4, on peut voir la créature nager sous l’eau sans avoir le besoin de retourner en surface. Sur la planète LV 426, les oeufs dans le vaisseau se trouve dans une atmosphère dépourvue de dioxygène et les premiers guerriers attaquant les colons dans Aliens vivent dans une atmosphère encore très pauvre en O2, malgré le fonctionnement de l’usine de terraformation. D’après l’analyse de Ash, l’atmosphère contient du diazote, du CO2 et du méthane. L’alien semble à l’aise dans divers environnements gazeux, même dans le vide (alien 2).

Un sang acide?

Pour un organisme terrestre, il est difficile d’envisager la circulation d’un sang acide. Néanmoins, au vu des films, la substance acide serait bien du sang chez l’Alien : le liquide est sous pression et se trouve partout dans le corps. En effet, toute blessure chez l’Alien provoque une sortie de sang acide, ce qui constiue un « formidable moyen de défense car on n’ose pas les tuer  » quitte à  subir de graves blessures par brûlure chimique. Le métal lui même est rongé.

Mais comment l’Alien n’est-il pas lui-même dissout par son propre sang? La solution est donnée par Ash dans le premier film : les cellules mortes sont remplacées par du silicone polarisée, certainement resistant au sang acide. Comme quoi, comme toutes les stars hollywoodiennes, l’Alien est une créature siliconée!

Organes sensoriels

Le film Alien 3 montre certaines scènes « vues » par l’Alien. Les images semblent assez déformées, ce qui tend à faire penser à une vision sinon panoramique, du moins grand angle. On peut supposer que presque toute la surface du crâne est photosensible. Rien ne laisse supposer une perception infrarouge : l’Alien ne semble sensible qu’à la lumière visible. Aucune preuve non plus concernant une perception des ultraviolets.

L’Alien semble aussi pourvu d’audition : son attention est souvent attirée par du bruit.

Intelligence

On ne peut pas parler d’intelligence individuelle à proprement parlé, mais l’Alien fait preuve d’un grand sens d’adaptation et apprend rapidement (Alien 4). L’intelligence semble plutôt collective à la manière de la société des fourmis ou des abeilles.

Individuellement, l’Alien a les mêmes réactions qu’un grand prédateur, y compris la peur du feu (Alien 1 et 3).

Dans les deux parties suivantes, nous aurons l’occasion de développer d’autres aspects de la biologie de l’Alien : le cycle de reproduction, la génétique et l’évolution.

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2012 : le début de la fin?

31/12/2011 2 commentaires

Quoi de plus logique pour commencer cette nouvelle année que de reparler du film « 2012″ et du mouvement « findumondiste » qui l’accompagne?

Hollywood a toujours eu le chic pour produire des films « catastrophe » souvent catastrophiques. La recette est facile, prenez un évènement naturel (séisme, incendie…), multipliez les effets par 100, ajoutez un zest d’information scientifique genre « attention, c’est du sérieux, ça peut arriver les gars », secouez le tout et il en sort souvent du n’importe quoi. Classiquement, tous ces films se ressemblent : on découvre des personnages américains au mieux attachants, au pire très énervants, dans leur leur train-train quotidien. Un héros principal se démarque très vite : il est facile à reconnaitre, c’est toujours celui qui a des problèmes personnels. Arrive le climax : l’évènement catastrophique, souvent très spectaculaire pour justifier le prix du billet d’entrée. Et enfin, la résolution composée de moments d’héroïsme : le sacrifice héroïque, le sauvetage héroïque, la mort bête mais héroïque quand même… Bien souvent, les problèmes personnels du héros principal sont résolus : retour de l’être aimé, phobie vaincue, numéro de Pizza Rabbit retrouvé.  Notez bien que les chiens s’en sortent toujours vivants.

« 2012″, c’est tout ça en puissance 10. Retour sur ce film…

 

« 2012″, le film

 

Le film a été réalisé en 2009 par Roland Emmerich, qui a commis d’autres œuvres qui piquent les yeux : « Independance Day », « Le jour d’après » (dont on reparlera dans un prochain billet consacré à la climatologie)…

La bande annonce, et on revient. Pendant ce temps, je vais me chercher une glace au chocolat :

Ce film est un concentré de catastrophes naturelles : séismes, volcanisme surpuissant, tsunami, destruction généralisée. Bref, Emmerich s’est fait plaisir.

L’histoire

2012 nous raconte ce qui risque de nous arriver cette année. Autant dire que ce 1er janvier, on se souhaite « bonne année, bonne santé et bonne fin du monde », ça fera toujours rire ceux qui sont encore dans le pâté.

Une prophétie Maya annonce la fin du monde le 21 décembre 2012, date qui correspond à la fin du calendrier Maya. Dans le film d’Emmerich, la fin du monde s’annonce un peu plus tôt quand même. Une série de catastrophes arrive, les héros subissent toutes sortes d’aventures pour atteindre des espèces « d’arches de Noé » modernes dans lesquelles n’ont pu embarquer que quelques élus très friqués, dans le plus grand secret.

Le fond scientifique

Un alignement de planète est à l’origine d’un bouleversement géologique sur notre planète. Le scénariste semble penser que cela est suffisant pour produire un effet de marée gravitationnelle., quoi qu’il en soit le « super-volcan » du parc Yellowstone (aux Etats Unis bien sûr) se réveille et explose, des séismes et des tsunamis accompagnent tout cela et vient la grosse révélation : il s’agit de l’ensemble des lithosphères qui glisse d’un coup de 180° : l’antarctique se trouve ainsi au pôle nord et l’Arctique au pôle sud!

Le vrai du faux

Les super-volcans

Le terme « super-volcan » n’existait pas il y a encore une dizaine d’années. C’est à la base une invention médiatique adoptée par les géologues pour qualifier un type de volcan dont les éruptions seraient une centaine de fois plus puissante que l’éruption du Mont St Helens en 1980. Pour comparaison, l’éruption du Krakatoa en 1883 a émis plus de 12 km cube de produits volcaniques; des données géologiques concernant d’anciennes super-éruptions feraient état de plus de 2000 km cube de produits. Les géologues en suspectent plusieurs dans le monde, même en Europe, proche des Alpes sous l’Italie (éteint depuis 300 millions d’années, pas de panique!).

Le plus connu est le Yellowstone, longtemps considéré comme un site hydrothermal, on a mis en évidence dans les années 60 une caldeira qui est une dépression arrondie d’une centaine de kilomètre de diamètre, résultat de l’effondrement d’un volcan sur sa propre chambre magmatique vidée. L’Université de l’Utah met à disposition des données qui indiquent clairement qu’une chambre magmatique se forme de nouveau à 10 km de profondeur et elle s’annonce gigantesque.

Site de l’observatoire du Yellowstone de l’Université de l’Utah


Agrandir le plan
La dernière éruption date de 600 000 ans et la précédente de 1,3 millions d’années. Une reprise d’activité est envisageable mais pas à court terme et vraisemblablement pas à échelle de temps humaine. On peut encore aller y griller quelques saucisses sans crainte, en somme.

Le mouvement des lithosphères

La surface de la planète est constituée d’une douzaine de plaques lithosphériques qui se forment au niveau des dorsales et disparaissent dans le manteau sous-jacent au niveau des zones de subduction. Les plaques se déplacent les unes par rapport aux autres, à une vitesse de quelques centimètre par an. Concevoir une rotation de 180° de l’ensemble des plaques laisse supposer que la lithosphère repose sur une matière très fluide, liquide. Ce n’est pas du tout le cas. Les lithosphères reposent sur le manteau qui est solide et assez ductile, présentant une viscosité très importante. Difficile d’imaginer un tel évènement, du coup.

Il y a sûrement confusion avec le phénomène, réel celui-là, de l’inversion périodique des pôles magnétiques. Ces inversions sont enregistrées dans les roches contenant de la magnétite. Nous serions en ce moment au début d’une de ces phases d’inversion.

La fin du monde Maya

Si les maya ont prédit quelque-chose, c’est la fin de leur calendrier, comme nous nous prévoyons la fin d’une année au 31 décembre. Pour les Mayas il s’agissait de la fin d’un cycle : voir la méthode de calcul sur le site Science Presse.

En conclusion, beaucoup d’exagérations dans ce film, mais qui peut paraitre convaincant, surtout pour les illuminés qui font la fortune des agents immobiliers de l’Aude, à Bulgarach , lieu réputé comme étant le seul endroit au monde qui survivra au 21 décembre 2012.

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Inauguration

28/12/2011 7 commentaires

Démêler le vrai du Faux et le faux du Vrai, tel sera le but de ce blog.

J’ai toujours eu une passion pour la science et pour les arts, notamment le septième et le neuvième. Et rien ne me fait plus rire (ou pleurer) que de voir des films grand public, des documentaires et des bandes dessinées parlant (ou tentant de parler) de science. On peut rester admiratif devant certains films de science-fiction cohérents, inventifs et être complètement dépité devant certaines émissions dites « scientifiques » assénant bêtises sur bêtises.

J’espère pouvoir mener ce blog le plus loin possible, vous faire (re)découvrir de véritables trésors de science cachés dans des fictions et dénoncer des fictions dans la vulgarisation de la science…

… et toujours avec du fuuuuuuuun!