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Alien : biologie d’un parfait organisme (1/3)

29/01/2012 2 commentaires

Le cinéma a été à l’origine de la création de diverses créatures étranges, extraterrestres ou fantastiques. Mais, l’Alien est certainement la créature la plus fascinante de l’histoire du cinéma. Devenu un véritable mythe contemporain, le « Xénomorphe » le doit à une esthétique inédite et inégalée, et une biologie très détaillée.

Alien, aux origines

Le design de la créature est en grande part le résultat du travail de l’artiste suisse HR Giger, pionnier de l’art biomécanique (mélange du vivant et de la machine), à la demande de Ridley Scott pour le film « Alien : le 8ème passager » en 1979. Giger a, en outre, participé au pré-projet du film abandonné « Dune » par Jodorowski et  créé notamment le célèbre trône Harkonnen, visible au musée Giger en Suisse. Pour Alien, Giger a reçu un Oscar en 1980.

Alien, le huitième passager du septième Art

Le premier film, réalisé en 1979 est devenu un grand classique, de nombreuses fois récompensé. Une équipe d’astronautes revenant vers la Terre à bord du Nostromo reçoit un message qui s’avèrera être un avertissement. Ils découvrent un vaisseau spatial d’origine non humaine qui vraisemblablement s’est écrasé. A bord, des milliers d’oeufs sont stockés et un des membres de l’équipage se retrouve avec une créature collée au visage. De retour sur le vaisseau, l’équipage va se faire décimer par une créature mystérieuse : le fameux 8ème passager.

Le script est donc des plus simples, ce film aurait pu passer inaperçu mais les particularités du monstre vont en faire une référence et le premier film d’une tétralogie et de deux cross-overs. Le personnage principal féminin, une rareté à l’époque, incarné par Sigourney Weaver restera un personnage emblématique qui tissera des liens particuliers avec sa némésis, au cours des 4 films. N’oublions pas aussi le personnage du chat le plus agaçant du cinéma : toujours là pour faire des fausses frayeurs, se pavaner en crânant dans toutes les soutes du vaisseau et mettant en péril les passagers du Nostromo (Brett qui décide d’aller le chercher tout seul, ce foutu chat, avant de se faire trouer le crâne par l’alien nouveau-né, par exemple…  rassurez-vous, le chat n’a bien sûr même pas une griffe cassée).

Un petit extrait. Pas la peine de crier, personne ne vous entendra :

Alien, le huitième passager – Bande-annonce par homhom

 Biologie générale de l’Alien

Laissons nous aller à un peu de science fictive et considérons la créature comme réelle. Quelles sont ses caractéristiques biologiques qui en font « une créature parfaite »? On aborde dans cette première partie, uniquement le cas du « guerrier ».

Plan d’organisation

La créature a une apparence vaguement humanoïde, avec un plan de symétrie bilatérale et 4 membres. Elle possède un appendice caudal très long et vraisemblablement très résistant et acéré, pouvant servir à transpercer des proies. Sa tête de forme phallique a une structure complexe, avec une double mâchoire.

Squelette interne ou externe ?

L’allure insectoïde de l’Alien pourrait faire penser à un exosquelette, une espèce de carapace chitineuse. On apprend en fait dans le premier film que « les couches externes sont constituées de protéines polysaccharides » : la chitine est un sucre aminé polysaccharide, cela semble donc assez proche. La chitine a un rôle protecteur et est assez résistante : cela justifie le fait que la croissance chez l’alien se fait par mues (Alien 1 et 3 : on y voit des exuvies, c’est-àdire, « l’ancienne peau »). La chitine est très répandue chez tous les animaux ayant un exosquelette tels que les insectes. Si la chitine contient du carbonate de calcium, on parle alors de carapace, chez les Crustacés.

D’autre part,  Les tissus sont à base de cellules qui, lorsqu’elles meurent, laissent place à un « silicone polarisé », ce qui permet semble-t-il,  une protection contre l’environnement plus importante. Dans les crossovers Alien-Predator, on peut y voir des crânes d’Alien qui servent de bouclier et des extrémités de queue qui servent de lance. L’Alien possède donc un squelette interne, il est recouvert d’un revêtement ayant une composition voisine de celle des insectes, assez résistant mais qui peut être transpercé par des armes blanches ou même par la queue d’autres aliens (Alien 4). Il semblerait que l’Alien ait un squelette interne principalement. Son revêtement extérieur même s’il est de même composition que les organismes possédant un squelette externe, semble en fait être une adaptation défensive.

Echanges gazeux

Dans Alien 1 et 4, le guerrier présente des tubes dorsaux dont la fonction n’est pas très bien connue. On peut supposer un rôle dans les échanges gazeux. Dans Alien 4, on peut voir la créature nager sous l’eau sans avoir le besoin de retourner en surface. Sur la planète LV 426, les oeufs dans le vaisseau se trouve dans une atmosphère dépourvue de dioxygène et les premiers guerriers attaquant les colons dans Aliens vivent dans une atmosphère encore très pauvre en O2, malgré le fonctionnement de l’usine de terraformation. D’après l’analyse de Ash, l’atmosphère contient du diazote, du CO2 et du méthane. L’alien semble à l’aise dans divers environnements gazeux, même dans le vide (alien 2).

Un sang acide?

Pour un organisme terrestre, il est difficile d’envisager la circulation d’un sang acide. Néanmoins, au vu des films, la substance acide serait bien du sang chez l’Alien : le liquide est sous pression et se trouve partout dans le corps. En effet, toute blessure chez l’Alien provoque une sortie de sang acide, ce qui constiue un « formidable moyen de défense car on n’ose pas les tuer  » quitte à  subir de graves blessures par brûlure chimique. Le métal lui même est rongé.

Mais comment l’Alien n’est-il pas lui-même dissout par son propre sang? La solution est donnée par Ash dans le premier film : les cellules mortes sont remplacées par du silicone polarisée, certainement resistant au sang acide. Comme quoi, comme toutes les stars hollywoodiennes, l’Alien est une créature siliconée!

Organes sensoriels

Le film Alien 3 montre certaines scènes « vues » par l’Alien. Les images semblent assez déformées, ce qui tend à faire penser à une vision sinon panoramique, du moins grand angle. On peut supposer que presque toute la surface du crâne est photosensible. Rien ne laisse supposer une perception infrarouge : l’Alien ne semble sensible qu’à la lumière visible. Aucune preuve non plus concernant une perception des ultraviolets.

L’Alien semble aussi pourvu d’audition : son attention est souvent attirée par du bruit.

Intelligence

On ne peut pas parler d’intelligence individuelle à proprement parlé, mais l’Alien fait preuve d’un grand sens d’adaptation et apprend rapidement (Alien 4). L’intelligence semble plutôt collective à la manière de la société des fourmis ou des abeilles.

Individuellement, l’Alien a les mêmes réactions qu’un grand prédateur, y compris la peur du feu (Alien 1 et 3).

Dans les deux parties suivantes, nous aurons l’occasion de développer d’autres aspects de la biologie de l’Alien : le cycle de reproduction, la génétique et l’évolution.

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Inauguration

28/12/2011 7 commentaires

Démêler le vrai du Faux et le faux du Vrai, tel sera le but de ce blog.

J’ai toujours eu une passion pour la science et pour les arts, notamment le septième et le neuvième. Et rien ne me fait plus rire (ou pleurer) que de voir des films grand public, des documentaires et des bandes dessinées parlant (ou tentant de parler) de science. On peut rester admiratif devant certains films de science-fiction cohérents, inventifs et être complètement dépité devant certaines émissions dites « scientifiques » assénant bêtises sur bêtises.

J’espère pouvoir mener ce blog le plus loin possible, vous faire (re)découvrir de véritables trésors de science cachés dans des fictions et dénoncer des fictions dans la vulgarisation de la science…

… et toujours avec du fuuuuuuuun!